Au service des autres

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C’est en écoutant distraitement un reportage à la télé sur la sortie du livre de Véronique Mougin : « Pour vous servir, les tribulations d’une gouvernante chez les ultra-riches », que je me suis demandée à quoi pouvait ressembler le quotidien des personnes qui exercent ce métier demandant rigueur et abnégation.

Par exemple, être la nanny du « Royal Baby » Charlotte Elizabeth Diana, c’est à dire s’occuper d’un nourrisson qui n’est pas le sien 24 heures sur 24, c’est rude. Et pour ma part, je n’aurais pas une folle envie d’avoir mes employeurs sur le dos jour et nuit. J’ai besoin d’une vie privée, pour recharger les batteries, et repartir du bon pied cela va de soi.

Être au service des autres, est-ce forcément une vocation ? Ce qui est sûr, c’est que pour certains, ce serait une punition suprême, ils ne le supporteraient pas. Et là je me suis souvenue de cette phrase qu’une ancienne de mes amies avait proférée, et qui m’avait marqué.

A l’époque, nous étions étudiantes dans la même école d’Arts Appliqués. J’étais alors assez insatisfaite de mon sort et déjà pétrie de frustrations (pour changer), pas assez scientifique pour bosser à la NASA, pas assez douée en dessin pour faire de la BD ou illustrer des J’aime Lire, etc… En fait, je voulais tout balancer pour aller à la fac, et le truc que j’avais en tête, c’était d’apprendre des langues, de faire LEA « Langues Etrangères Appliquées » (je pense toujours que ça aurait pu être une bonne idée). Je décidais d’en parler à ma meilleure amie et voici ce qu’elle me répondit :

Ah bon tu veux vraiment faire ça ?! La seule chose que tu pourras faire avec ce diplôme c’est devenir interprète. Et être interprète, c’est être au service des autres. Moi je ne pourrais pas être au service des autres, quelle horreur !!!!

Sur le coup, j’avais trouvé son opinion super cool, parce qu’on avait 19 ans et qu’on se croyait belles et rebelles. Mais en réfléchissant le soir même, je trouvais vite cette phrase abominable, et je me disais que, moi, hé bien ça ne m’aurait pas du tout dérangée d’être au service des autres. En fait il y a plein de boulots où tu es au service des autres.
Je me suis prise à rêver à des métiers comme psychologue, naturopathe, masseur à domicile (ça c’était à cause de Phoebe dans « Friends »), ou même à bosser dans une maison de retraite. En quoi c’est dégradant, comme elle avait l’air de le suggérer, je ne sais pas. Je trouvais ça plutôt utile, et l’idée de se lever le matin en te disant que tu vas faire du bien aux autres, ça motive je trouve. C’est un peu comme être le superman de quelqu’un.

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Avec le recul, je me dis que ça ne m’étonne pas d’elle, elle était quand même un peu égoïste. C’est peut-être pour ça que ce n’est plus mon amie depuis longtemps.
Elle voulait faire du cinéma, avoir un nom quoi, comme actrice ou réalisatrice, au service de sa célébrité en fait…
Je ne sais pas si elle y est parvenue, à son statut de star. Je pense que non sinon les médias m’en auraient informé, n’est-ce pas ? 🙂

Et vous, vous en pensez quoi de la vocation, de la dévotion, des prénoms de la princesse Charlotte ?

Allez, finissons pas une note légère !

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Sources photos : Soubrette > little bunny sunshine tumblr/ Superdog ©Rafael Mantesso > unilad

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2 Comments

  • Reply Véronique Mougin 16 mai 2015 at 20:20

    Bonsoir ! Je suis ravie et amusée de voir que vous citez sur votre blog mon roman « Pour vous servir » (sorte de journal d’une gouvernante travaillant au service de familles fortunées). Merci… Mon avis : servir les grands de ce monde peut ne pas être une vocation, mais sans doute souffre-t-on davantage à exercer cette profession quand on l’a embrassée par dépit… En tous cas ce travail nécessite, sinon le goût de le faire, au moins de grandes qualités : discrétion, rigueur, psychologie, dureté à la tâche, dos rond et épaules larges… Le personnel de maison doit aussi faire preuve d’une grande tolérance aux névroses en tous genre – car les patrons n’en manquent pas, semble-t-il… Amicalement
    Véronique
    https://www.facebook.com/PourVousServir.VeroniqueMougin?fref=ts

    • Reply Giulia Martini 16 mai 2015 at 21:45

      Bonsoir Véronique,
      Ravie également de lire votre commentaire !
      Effectivement je fais bien la différence entre le métier de gouvernante qui demandait de la rigueur, de l’abnégation, 100% de son temps, et un emploi dit ‘traditionnel’ qui s’apparentait plus à une vocation, comme psychologue. Mais peut-être ne l’ai-je pas exprimé assez clairement.
      En tous cas, votre livre présenté à la nouvelle édition m’a rappelé l’expression ‘au service des autres’ et les mots malheureux prononcés par cette amie; d’où l’existence de cet article, merci pour l’inspiration 🙂
      Bonne soirée,
      Giulia

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